EN BREF
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Le Label Bas Carbone, introduit en 2018, a pour objectif de financer des projets favorables au climat au sein des secteurs agricoles et forestiers. En six ans, 1 685 projets ont été validés, estimant un potentiel d’impact de 6,41 MtCO2eq. Les initiatives se concentrent principalement sur le boisement, le reboisement, et l’adoption de pratiques bas carbone en élevage bovin et en grandes cultures. Contrairement aux projets forestiers, l’agriculture privilégie des projets collectifs souvent à grande échelle, impliquant 3 500 exploitations. Le coût de la tonne de carbone évitée est en moyenne de 35 €, ce qui est significativement supérieur aux prix du marché. À l’horizon futur, un cadre de certification carbone au niveau européen pourrait influencer l’attractivité et l’évolution du label.
Depuis sa création en 2018, le Label Bas Carbone a su s’imposer comme un acteur majeur dans la lutte contre le changement climatique, en particulier dans le secteur agricole. Ce dispositif permet de financer une multitude de projets favorables à l’environnement, tout en répondant aux besoins des acteurs économiques. Cet article vise à explorer l’impact de ce label après six ans d’existence, en analysant ses succès, ses défis et ses perspectives d’avenir. À travers une synthèse des résultats obtenus par l’Institut de l’économie pour le climat et différentes études, nous nous pencherons sur les domaines d’application du label, les types de projets soutenus et les défis à surmonter pour un avenir durable.
Historique et Contexte du Label Bas Carbone
Le Label Bas Carbone a été mis en place en 2018 à l’initiative du gouvernement français, dans le cadre de la transition énergétique et des engagements liés à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ce dispositif a pour objectif de certifier des projets ayant un impact climatique mesurable, permettant ainsi d’attirer des financements privés pour soutenir des initiatives concrètes dans les secteurs agricole et forestier.
Le label est particulièrement axé sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la séquestration du carbone, faisant écho aux enjeux environnementaux contemporains. Il offre un cadre clair et structuré pour les exploitations agricoles qui souhaitent s’engager dans des pratiques plus durables. Les financeurs, en quête de solutions efficaces pour compenser leur empreinte carbone, trouvent dans le Label Bas Carbone un outil attractif, renforcé par la rigueur de sa certification.
Les Projets Validés et Leur Impact
Après six années d’activité, l’institut de l’économie pour le climat (I4CE) rapporte qu’à la date du 31 mars 2025, 1 685 projets ont été validés sous le Label Bas Carbone, représentant un impact potentiel de 6,41 MtCO2eq. Ces projets se divisent principalement en quatre catégories : le boisement d’anciennes terres agricoles, le reboisement de forêts dégradées, les pratiques bas carbone en élevage bovin et celles en grandes cultures.
Types de Projets et Secteurs d’Application
Les projets soutenus par le Label Bas Carbone concerne principalement des exploitations de grande taille, qui sont souvent collectives. Les pratiques agricoles mises en œuvre permettent non seulement de réduire les émissions mais également d’augmenter la séquestration du carbone dans les sols, un aspect particulièrement fondamental dans la lutte contre le dérèglement climatique.
Dans le domaine de l’élevage, les initiatives mises en place portent sur des techniques innovantes afin de diminuer les émissions de méthane, réalisées par d’autres méthodes comme l’optimisation de l’alimentation animale ou l’amélioration de la gestion des effluents. Les grandes cultures, quant à elles, voient émerger des dispositifs de couverture des sols et la régénération des sols, qui favorisent à la fois la productivité et la durabilité.
Retour d’Expérience des Exploitants
Depuis la mise en place du label, près de 3 500 exploitations agricoles se sont engagées dans des initiatives liées au Label Bas Carbone, notamment à travers les programmes Carbon’Agri. Les retours d’expérience des agriculteurs témoignent de l’importance de l’accompagnement technique et financier dans le succès de ces projets. De nombreux exploitants soulignent les bénéfices observés en matière de rendement et de diversification des cultures, tout en mettant en avant le soutien apporté par le label lors de la mise en œuvre des projets.
Aspects Économiques et Financement
En matière de financement, le Label Bas Carbone s’appuie principalement sur des financements privés provenant d’entreprises souhaitant compenser leur propre empreinte carbone. Le coût moyen de la tonne de carbone évitée s’élève à environ 35 €/tCO2, ce qui représente un niveau d’investissement largement supérieur aux prix du marché international des crédits carbone. Cette attractivité est due à la crédibilité du label et à son ancrage dans les territoires concernés.
Challenges et Perspectives Futures
Malgré ses succès, le Label Bas Carbone fait face à de nombreux défis. La baisse récente du marché volontaire mondial des crédits carbone, due à une crise de confiance, soulève des inquiétudes quant à la pérennité de financements nécessaires à l’ampleur des projets financés. En parallèle, l’émergence d’un cadre de certification carbone à l’échelle européenne pourrait redéfinir le rôle du Label Bas Carbone, le rendant soit complémentaire soit concurrent, ce qui risque d’affecter son attractivité pour les bailleurs de fonds internationaux.
Le Label Bas Carbone et la Transition Agricole
Les objectifs durables que poursuit le Label Bas Carbone visent non seulement à réduire les émissions de carbone, mais également à transformer le modèle agricole français vers plus de durabilité. La mise en œuvre des projets labellisés incite à réfléchir sur les méthodes agricoles et les pratiques qui émergent au sein des exploitations. Par conséquent, au-delà de l’impact environnemental, c’est une véritable transition agricole qui est en train de se dessiner grâce à l’intégration de nouvelles pratiques.
Évaluation et Suivi des Projets
Pour garantir la qualité et la conformité des projets au label, un suivi rigoureux est mis en place. Chaque projet doit respecter des critères d’éligibilité stricts ainsi qu’une évaluation régulière de son impact environnemental. Les documents techniques fournis par le ministère de la Transition Écologique détaillent le processus de labellisation, les méthodes agricoles associées et les modalités de calcul des réductions d’émissions, afin d’assurer un haut niveau de transparence et de responsabilité envers les parties prenantes.
Conclusion de l’Évaluation
Ce bilan des six premières années du Label Bas Carbone met en exergue les avancées réalisées dans le secteur agricole mais aussi les nombreux défis à relever pour préserver son attractivité et son efficacité à long terme. Avec l’engagement croissant des exploitants agricoles et le soutien d’une diversité de partenaires, le Label Bas Carbone se positionne comme un outil central de la transition vers une agriculture durable. L’avenir du label, enrichi de nouvelles directives et de collaborations élargies, résonne avec les motivations profondes d’un secteur agricole en pleine mutation.
Pour en savoir plus sur le bilan détaillé du Label Bas Carbone, vous pouvez consulter le rapport de l’I4CE disponible ici.
Pour découvrir comment évaluer l’impact carbone des matières premières, rendez-vous sur Ce lien.
Pour une vue d’ensemble des méthodes agricoles du Label, veuillez consulter le site ici.
En matière d’analyse de l’impact environnemental, le secteur du BTP est également examiné à travers ce site.
Pour explorer les enjeux et bénéfices liés à la certification carbone pour les entreprises, visitez le lien suivant ici.

Depuis sa création en 2018, le Label Bas Carbone a suscité un intérêt croissant au sein du secteur agricole. Pas moins de 1 685 projets ont été validés, totalisant un impact potentiel impressionnant de 6,41 MtCO2eq. Un exploitant agricole témoigne : « Grâce à ce label, nous avons pu transformer nos pratiques en diminuant nos émissions de gaz à effet de serre. Cela a non seulement un impact environnemental, mais a également renforcé notre image auprès des consommateurs et des partenaires commerciaux. »
Un agriculteur engagé dans un projet de reboisement ajoute : « Le financement obtenu par le biais du Label Bas Carbone nous a permis de restaurer des terres dégradées. Nous avons validé nos pratiques de reboisement et cela nous a ouvert des opportunités pour des investissements futurs. Les certificats que nous avons générés sont devenus une source de revenus supplémentaires. »
Toutefois, tous les témoignages ne sont pas 100 % positifs. Un exploitant en grandes cultures note : « Les projets sont souvent axés sur les grandes exploitations, ce qui marginalise les plus petites. Pour qu’il y ait une adhésion généralisée, il faudrait que le label soit plus accessible, notamment en termes de financement et d’information sur les pratiques à adopter. »
Un représentant d’une coopérative agricole évoque également des défis : « Bien que le respect des critères d’éligibilité soit essentiel pour maintenir la qualité, certaines pratiques peuvent être lourdes à mettre en œuvre et nécessitent des compétences particulières. Cela représente un frein pour certains agriculteurs, surtout ceux qui manquent de formation adéquate. »
Malgré les défis, le potentiel d’évolution est prometteur. Un spécialiste du développement durable souligne : « L’avenir du Label Bas Carbone pourrait être lié à un cadre de certification au niveau européen. Cela pourrait offrir une plus grande visibilité et crédibilité pour nos projets, ce qui est essentiel dans le climat économique actuel. »
Les retours d’expérience des acteurs impliqués dans le Label Bas Carbone montrent donc des impacts variés mais indéniables. Ils mettent en lumière à la fois les succès obtenus et les défis à surmonter pour une adoption plus large de pratiques agricoles durables sur le long terme.