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EN BREF
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Résumé : Transformation économique en Thaïlande
La Thaïlande a lancé un plan national de transformation visant à transitionner vers une économie durable et responsable d’ici 2039. Ce plan, débuté en 2024, est divisé en trois phases, dont la première s’étend jusqu’en 2027. Avec des engagements en matière de neutralité carbone et de réduction des gaz à effet de serre, la Thaïlande a déjà mis en place des zones éco-industrielles, réduit la consommation d’eau et amélioré le recyclage des déchets. D’importantes priorités ont été identifiées pour les phases suivantes, telles que la durabilité alimentaire, l’économie circulaire et un tourisme durable, tout en intégrant des critères ESG pour les petites et moyennes entreprises. L’ONEP, l’agence de coordination du plan, œuvre à impliquer divers acteurs pour assurer la cohésion des efforts en matière de développement durable.
Introduction à une transformation durable en Thaïlande
La Thaïlande, pays riche en traditions et en biodiversité, entame une transformation ambitieuse vers une économie durable et responsable. Dans le cadre d’un plan à quinzaine, mis en place depuis 2024, cette initiative vise à transformer en profondeur les modes de consommation et de production. Cet article examine les principaux objectifs, les réalisations jusqu’à présent et les priorités futures du pays en matière de durabilité.
Un cadre propice à la durabilité
Le plan national de consommation et de production durables (CPD) est un projet phare de la Thaïlande qui s’étend sur trois phases successives. La première phase, qui court jusqu’en 2027, est fortement axée sur la coordination des efforts du Bureau de la politique et de la planification des ressources naturelles et environnementales (ONEP), rattaché au ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement. À travers cette initiative, la Thaïlande s’engage à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et la neutralité en gaz à effet de serre d’ici 2065, s’inscrivant ainsi dans un cadre d’engagements climatiques plus large.
Les premiers résultats de la phase de mise en œuvre
Deux ans après le lancement de ce plan, les premiers résultats sont encourageants, notamment dans des secteurs clés tels que l’industrie et l’énergie. Dans le domaine industriel, un total de 18 zones éco-industrielles a été établi dans 15 provinces, où des ressources et des déchets sont gérés de manière commune, dans un esprit de durabilité. À ce jour, les prélèvements en eau ont baissé de plus de 4,5 millions de mètres cubes, bien que l’objectif soit de réduire ce chiffre à 27 millions d’ici 2037.
Concernant le secteur de l’énergie, les émissions de CO2 ont été réduites de 9,3 millions de tonnes grâce à l’alimentation en énergies renouvelables. Parallèlement, le secteur des déchets compromet encore certaines ambitions, bien qu’un taux de 87% de réutilisation des déchets industriels ait été établi, tandis que 39% des déchets communautaires sont désormais recyclés. Cependant, ces réalisations soulignent le besoin urgent d’améliorer le recyclage, particulièrement à Bangkok, où la ville produit environ 5.000 tonnes de déchets alimentaires par jour.
Les priorités des phases futures
Avec ce premier bilan, l’ONEP a pu établir quatre priorités stratégiques pour les phases suivantes du plan national :
Système alimentaire durable
Le premier axe se concentre sur la création d’un système alimentaire durable, fortement orienté vers la réduction des pertes à chaque étape de la chaine de production, de la ferme à la table. Cette approche est vitale pour établir un équilibre entre la production alimentaire et la réduction du gaspillage.
Économie circulaire
La seconde priorité concerne l’économie circulaire, qui se veut une démarche préventive.possibilitant le traitement des problèmes à la source, plutôt qu’en aval. Cela implique une meilleure gestion des ressources et la transformation de déchets potentiels en ressources réutilisables.
Intégration des critères ESG
En troisième lieu, l’intégration des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) pour les petites et moyennes entreprises est cruciale. Ces entreprises, piliers de l’économie thaïlandaise, doivent s’adapter aux exigences croissantes des marchés d’exportation concernant la durabilité.
Tourisme durable
Enfin, le tourisme durable représente un axe prioritaires, réalisé en collaboration avec la Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ). Le but est d’améliorer les normes dans ce secteur tout en préservant les écosystèmes naturels qui attirent les visiteurs.
L’implication des centres commerciaux
Un des aspects les plus visibles de cette transformation se joue dans le secteur alimentaire. Le programme « Stop Food Waste », lancé en janvier 2026, regroupe 15 partenaires institutionnels et privés autour d’une initiative de labellisation des restaurants engagés dans la réduction de leurs pertes. Des enseignes telles que Siam Piwat, Central, et The Mall ont ainsi rejoint le mouvement. Après le lancement à Siam Paragon, le centre commercial CentralWorld a intégré le programme avec plus de 300 restaurants adhérents.
L’implémentation de ce programme est soutenue par le Centre national de technologie des matériaux (MTEC), qui développe l’application LookieWaste. Cette application a pour but de quantifier et de mesurer les flux de déchets à leur source, permettant de mieux comprendre l’ampleur du gaspillage alimentaire.
Parallèlement, l’ONEP a mis en place l’application ECOLIFE, ciblant particulièrement les jeunes consommateurs avec des campagnes thématiques telles que Sustainable Eating. Pour les petites et moyennes entreprises, l’agence propose également une plateforme de rapport de durabilité, présentée tant comme un outil d’accès aux marchés internationaux que comme un moyen de conformité réglementaire.
Mesurer les résultats et assurer la durabilité
Pour continuer sur cette lancée, l’ONEP a défini trois priorités opérationnelles essentielles :
Intégration et mesure des résultats
Premièrement, il est impératif de rendre les résultats mesurables dans la durée grâce à l’intégration des données. Cela permettra de suivre et d’évaluer l’impact des initiatives menées dans le cadre de ce plan.
Coopération avec les collectivités locales
Deuxièmement, élargir la coopération avec les collectivités locales jusqu’ici insuffisamment associées à ce mouvement est une nécessité pour garantir le succès des futures phases. La participation des communautés est indispensable pour créer un changement au niveau local.
Coordonner la durabilité avec le développement économique
Enfin, il est crucial de mettre en cohérence la politique de durabilité avec une politique de développement économique globale. L’ONEP s’impose comme leader coordonnateur entre administrations, entreprises et société civile pour atteindre ces objectifs ambitieux. Comme l’a mentionné Kanda Chookaew, secrétaire général adjoint de l’ONEP, « ces résultats ne peuvent être atteints par un seul organisme. Ils demandent une direction unifiée ».
Vers un avenir durable
Alors que la Thaïlande poursuit cette ambitieuse transformation vers une économie durable, d’autres pays pourraient s’inspirer de son parcours. L’établissement de normes claires, l’encouragement de l’innovation et l’implication de tous les acteurs sont des éléments clés pour réussir. De plus, il est essentiel d’explorer des initiatives similaires, telles que celles projetées en Tunisie pour un avenir durable ou d’adopter des pratiques comme l’agriculture urbaine et la permaculture pour renforcer encore les systèmes alimentaires. Les actions menées aujourd’hui ouvriront la voie à une société plus résiliente et respectueuse de l’environnement demain.
Pour plus d’informations sur des initiatives similaires, explorez des articles sur : l’innovation en Tunisie, l’achat local et saisonnier, la permaculture en milieu urbain, l’agriculture à faible empreinte carbone, and l’engagement vers une gestion de ressources durables par La Poste.

Depuis son lancement, le plan national de consommation et de production durables (CPD) de la Thaïlande a provoqué des changements significatifs dans divers secteurs. Selon un entrepreneur dans le secteur de la construction, « notre entreprise a commencé à adopter des pratiques plus durables, comme la réduction des déchets et l’utilisation de matériaux recyclés. C’est encourageant de voir le gouvernement prendre des mesures concrètes pour soutenir cette transformation. »
Un restaurateur engagé, qui participe au programme « Stop Food Waste », témoigne également : « En rejoignant cette initiative, j’ai pu réduire le gaspillage alimentaire de 30%. Cela non seulement aide l’environnement, mais améliore aussi notre image de marque auprès des clients soucieux de durabilité. »
Du côté des consommateurs, une jeune étudiante partage son expérience : « Grâce à l’application ECOLIFE, j’ai pris conscience de mon empreinte environnementale et j’essaie désormais d’acheter des produits locaux et durables. C’est un pas vers une consommation plus responsable. »
Une responsable d’une ONG écologique souligne quant à elle l’importance de l’intégration des critères ESG : « Les petites et moyennes entreprises ont besoin d’accompagnement pour se conformer aux exigences de durabilité. Le soutien du gouvernement par l’intermédiaire de programmes spécifiques est un bon début. Cela pourrait transformer le paysage économique thaïlandais. »
Enfin, un représentant du secteur touristique affirme : « Nous nous engageons à offrir une expérience qui respecte l’environnement tout en attirant les touristes. Le partenariat avec GIZ pour promouvoir le tourisme durable est essentiel pour préserver notre écosystème tout en faisant prospérer notre économie. »
