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EN BREF
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Le fonds souverain norvégien, le plus important au monde avec un actif de 2.200 milliards de dollars, est accusé par l’ONG Framtiden i Vaare Hender de ne pas respecter ses engagements en matière de changement climatique. Malgré son objectif de voir toutes les entreprises de son portefeuille atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, un rapport révèle qu’il a manqué d’engagement lors des votes concernant des sociétés pétrolières majeures comme BP et ExxonMobil. En effet, le fonds aurait voté contre la direction de ces entreprises seulement dans trois cas. Les critiques soulignent un manque d’actions face à un risque financier majeur, alors que le fonds prétend continuer à travailler avec ces entreprises pour qu’elles alignent leurs activités sur des trajectoires d’émissions nulles.
Le fonds souverain norvégien, avec ses 2.200 milliards de dollars d’actifs, est considéré comme le plus grand fonds d’investissement au monde. Malgré ses ambitions déclarées en matière de lutte contre le changement climatique, il est récemment pointé du doigt par l’ONG Framtiden i Vaare Hender pour son engagement jugé insuffisant vis-à-vis des entreprises dans lesquelles il investit. Alors que le fonds vise à ce que toutes les entreprises de son portefeuille atteignent la neutralité carbone d’ici 2050, un rapport révèle une déconnexion entre ses objectifs et ses actions concrètes.
Les Objectifs Ambitieux du Fonds Souverain Norvégien
Depuis 2022, le fonds souverain norvégien a déclaré un objectif clair : toutes les entreprises où il investit doivent atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, en conformité avec l’Accord de Paris. Ce plan ambitieux concerne actuellement environ 7.200 entreprises à l’échelle mondiale. Le fonds a mis en place des mécanismes pour surveiller et influencer les comportements des entreprises, espérant ainsi contribuer à un avenir plus durable.
Les Mécanismes d’Engagement Actif
Pour atteindre ses objectifs de durabilité, Norges Bank Investment Management, le gestionnaire du fonds, a mis en œuvre plusieurs outils. Ces outils incluent l’établissement d’attentes précises pour les conseils d’administration des entreprises, ainsi que la participation à des votes lors des assemblées générales annuelles. En cas de non-respect des engagements, le fonds a la possibilité de se désengager de ces entreprises. Cependant, beaucoup s’interrogent sur l’efficacité réelle de ces démarches.
Critiques du Rapports de l’ONG
Le rapport de l’ONG Framtiden i Vaare Hender, qui a été rendu public, souligne les faiblesses dans l’engagement du fonds vis-à-vis des problématiques environnementales. Alors que le fonds a voté sur 23 résolutions prioritaires concernant 12 entreprises majeures du secteur pétrolier et gazier en 2022, les résultats de ces votes laissent à désirer.
Un Manque d’Action lors des Assemblées Générales
Selon l’analyse, le fonds n’a fait entendre son désaccord qu’à trois reprises, en votant contre la réélection des administrateurs de Petrobras, ExxonMobil et Chevron. Ce faible degré d’engagement suscite des préoccupations chez les défenseurs de l’environnement, qui estiment que ces actions dénotent un manque de volonté à faire pression sur des entreprises aux pratiques jugées non compatibles avec un avenir durable.
Les Répercussions sur la Stratégie Climatique
Le bilan de vote de NBIM, illustré dans le rapport, révèle un engagement très limité face à ce qu’on appelle le risque climatique, un enjeu crucial qui, selon de nombreux analystes, pourrait avoir d’importantes répercussions financières. Lucy Brooks, conseillère en finance durable pour l’ONG, a exprimé que la stratégie actuelle du fonds pourrait engendrer des conséquences financières graves à long terme, tant pour le fonds lui-même que pour l’ensemble du secteur financier.
Un Engagement Qui S’affaisse
La déclaration selon laquelle le retrait de l’engagement actif pourrait devenir permanent a également soulevé des inquiétudes parmi les investisseurs. Cette tendance pourrait traduire un changement fondamental dans la manière dont le fonds gère ses investissements à impact social et environnemental. La perception d’un désengagement pourrait affecter non seulement la réputation du fonds, mais aussi la confiance des investisseurs en matière de responsabilité sociale et environnementale.
Les Actions d’Engagement du Fonds
En dépit des critiques, le fonds souverain a réaffirmé son engagement à encourager les entreprises de son portefeuille à aligner leurs activités sur une trajectoire de zéro émission nette. Dans une déclaration adressée à Reuters, le fonds a souligné qu’il attend des entreprises qu’elles publient des plans de transition crédibles et respectent des échéances précises.
Dialogue avec les Entreprises de Portefeuille
NBIM met en avant l’importance du dialogue direct avec les entreprises de son portefeuille, y compris les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre. Le fonds déclare que le vote n’est qu’un des nombreux outils à sa disposition pour influencer les pratiques des entreprises. Toutefois, certains critiques estiment que le dialogue doit être complété par des actions plus concrètes et des engagements en faveur de la durabilité.
Les Démarches au Sujet de BP
Une attention particulière a été portée sur les actions du fonds lors de l’assemblée générale de BP en avril, qui a été jugée révélatrice des limites de leur approche. Lucy Brooks a constaté que, sur trois occasions, le fonds a choisi de soutenir le conseil d’administration de BP plutôt que de s’aligner avec les investisseurs qui exigeaient une plus grande transparence sur la stratégie de l’entreprise en matière de combustibles fossiles.
Les Propositions d’Actionnaires Ignorées
La décision de ne pas soutenir les propositions d’actionnaires jugées trop normatives en matière de stratégie révèle un désir de conserver une certaine autonomie dans la gestion des entreprises. Cependant, cette posture soulève la question de savoir si le fonds est réellement prêt à prendre des mesures audacieuses face aux enjeux climatiques qui lui sont présentés.
Le débat autour de l’efficacité du fonds souverain norvégien en matière d’engagement climatique illustre le fossé grandissant entre les déclarations publiques et les actions réelles. Le besoin de vigilance et de pression continue sur de telles institutions est essentiel pour garantir une réelle transformation vers une économie plus durable.

Témoignages sur le fonds souverain norvégien et ses ambitions climatiques
Le fonds souverain norvégien, avec ses 2.200 milliards de dollars, est souvent perçu comme un modèle d’investissement responsable. Cependant, des voix s’élèvent pour remettre en question son engagement réel en faveur du climat. Un rapport récent d’une ONG environnementale, Framtiden i Vaare Hender, indique que malgré des promesses d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, le fonds semble faiblir dans ses actions concrètes.
Plusieurs experts pointent du doigt le fait que le fonds, géré par Norges Bank Investment Management (NBIM), a montré un manque d’engagement lors des votes sur des questions climatiques. En effet, sur 23 votes prioritaires concernant des entreprises énergétiques comme BP, Shell et ExxonMobil, le fonds n’a exprimé son désaccord que dans trois cas. Des chiffres qui soulèvent des inquiétudes quant à l’efficacité de ses efforts.
Lucy Brooks, conseillère en finance durable, a souligné qu’il était préoccupant de voir le plus grand détenteur d’actifs au monde ignorer un risque climatique majeur en se désengageant activement. Elle a déclaré : « Son dernier vote démontre que son retrait de l’engagement actif risque de devenir permanent. » Ce manque de participation des actionnaires face aux enjeux climatiques pourrait avoir des conséquences durables sur la manière dont les entreprises gèrent leurs risques environnementaux.
Un autre point de vue provient de professionnels de l’industrie qui estiment que le fonds devrait adopter une approche plus proactive. « Les projets de transition énergétique nécessitent des soutiens financiers et des engagements solides », déclare un analyste. « Le rôle du fonds devrait être d’inciter les entreprises à repenser leurs stratégies plutôt que d’adopter une position d’attente. »
En dépit des critiques, le fonds affirme continuer à exiger que les entreprises de son portefeuille s’alignent sur une trajectoire de zéro émission nette. Il insiste sur son engagement à dialoguer avec les entreprises sur leurs pratiques. Cependant, des observateurs affirment que ces interactions ne se traduisent pas encore par des changements tangibles.
Enfin, alors que la pression monte pour que les grands investisseurs prennent des mesures significatives pour contrer le changement climatique, le fonds souverain norvégien est à un carrefour. Les témoignages recueillis révèlent un besoin urgent de revoir et de renforcer son engagement envers des pratiques d’investissement véritablement durables.
